Interview du Muppet

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PS : Bonjours, Paul SUD, journaliste débutant à l’essai pour le webzine IMPot.

MC : Bonjours, Muppet CHAUWE, bosseleur de casseroles et de couvercles chez Instinct.

PS : Comment fait-on pour atterrir dans le groupe Instinct ?

MC : Tout d’abord on est fou, quelque part. Ensuite on s’installe derrière un objet pouvant émettre des sons. Une batterie de casseroles dans mon cas.

PS : De casseroles ?

MC : Oui, j’ai toujours aimé manger, et puis la cuisine et la musique sont très liés. Il y a fort longtemps, dans une petite cabane bleue au Canadas, vivait une femme élevée par des moutons qui mangeait des haricots.

PS : Je ne voit pas bien le rapport.

MC : Je pense que c’est claire, un gigot d’agneau associé à un cassoulet végétarien, c’est bon. Malheureusement ce plat à tendance à engendrer des flatulences. En musique c’est pareil : l’oreille Humaine est un instrument très délicat et précis.

PS : Je ne vous suis pas.

MC : Laissez moi finir. L’oreille donc, est apte à percevoir tous les détails d’un message odieux, de déceler toutes les erreurs. L’intellect apprécie alors la qualité d’une exécution. Le subconscient, relié au Cosmos, connaît, par essence, très bien l’Homme. Il sait qu’entre celui-ci est la perfection il n’y a point de salut. C’est pourquoi les musiques interprétées par des machines, finissent par faire chier. Et de plus en plus.

PS : Et le rapport avec la cuisine.

MC : Mack d’Eau, Surgechier, Reste Haut à la Chienne…

PS : Oui ? ???

MC : Nous sommes envahis par l’inconscient collectif du profit maximum, du Dollar, du Yen, au détriment de la qualité de la vie, des produits.

PS : On s’éloigne de la musique là !

MC : Pas du tout ! Là aussi l’invasion des sous-sous est sans mesure. Elle opère par petites dégradations successives et subversives, entraînant petit à petit une dégénérescence de l’oreille et de la culture musicale. Ce sont évidement les plus jeunes générations qui sont les plus touchés.

PS : Je vous avoue que j’ai un peut de mal à vous suivre.

MC : C’est simple (même sans ZIP). La musique actuelle (désolé si je suis poli) semble se diriger vers une simplicité de plus en plus accrue. Un retour vers de soi-disantes sources : Rythmes monaires mélangés à divers sons plus ou plutôt moins trituré remplaçant de plus en plus les notes de musique et les rythmes ne serai-ce que binaires (Oublié, le Ternaire, Oublié, les Polyrythmes).

PS : Vous n’aimez-pas la technologie ?

MC : L’Homme développe des machines de plus en plus performantes, dont l’accouchement devient de plus en plus onéreux. L’argent mis dans la balance doit quant a lui, être rentabilisé le plus vite possible. On n’a donc plus le temps de maîtriser les machines, voir même plus le temps de savoir s’en servir, avant de se sentir obligé de les utiliser. Le résultat est souvent (toujours) pitoyable. Cependant pour ne pas paraître rétrograde, on va dire c’est géniale. La faute à qui ? L’argent, le politiquement correcte, le pouvoir : merci d’avoir transformé le plat de faillos en cassoulet végétarien.

PS : Bon, et comment devient-on batteur.

MC : Encore une histoire de flageolets. Si une casserole de cassoulet végétarien non vidée, a traîné une trentaine d’années au fond d’un four, sans jamais avoir été nettoyé, il faut taper dessus longtemps, et fort, pour tout décoller. Et comme c’est chiant, autant le faire en rythme et en écoutant de la musique.

PS : Bien sure.

MC : C’est de moi !

PS : Ah bon ?

MC : Bien suuuuure !

PS : Cet homme est fou !

MC : Bien suuuuure !

Propos recueillit le 16 juillet 1996

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